Jeudi 22 octobre 2009 4 22 /10 /2009 13:41
A l'issue du vote, les élus sont sortis de l'hémicycle pour expliquer leur position à Joël Forgeau,président du syndicat de défense du muscadet.
En présence de la profession
viticole et des associations, l'assemblée départementale a
voté en faveur du tracé Est à une forte majorité, lundi.
Reste une dernière étape pour que le projet file droit : l'avis du ministère de l'Agriculture.

Pas de surprise : 56 voix pour,3 abstentions. Le choix du fuseau Est a été approuvé à une très large majorité, lundi, par l'assemblée départementale. C'est Bernard Deniaud, viceprésident en charge des infrastructures routières, qui a présenté le dossier en ouverture de

séance. Le tracé routier, dont l'emprise est prévue pour une 2X2 voies, doit relier Clisson à Ancenis par l'est de Mouzillon et Vallet. Pourquoi l'est ? "Au delà de son moindre coût,  c'est celui qui consomme le moins d'espace, franchit le moins de corridors écologiques et présente le moins de nuisances", a rappelé le conseiller général du canton d'Aigrefeuille- sur-Maine.

Mesures compensatoires

 
Le débat qui a précédé le vote
n'a laissé aucun suspens. Que ce
soit les élus de la majorité ou ceux de la minorité, tous ont voté pour la proposition. C'est Jean-Claude Daubisse qui a ouvert les échanges. Le conseiller général du Vignoble s'est surtout exprimé en tant que président du SCoT et du Pays du Vignoble nantais. Si "la nécessité de cette voie est clairement soulignée dans le SCoT", le Goulainais a souligné l'importance "d'associer à la décision un certain nombre de mesures et d'actions compensatoires". Pour les habitats proches du futur itinéraire, le conseiller général de la minorité propose "d'utiliser un revêtement spécial routier plus silencieux". Capable de gagner jusqu'à 10 décibels. Et de réduire la vitesse. Pour la viticulture, l'élu a posé un impératif : "Le tracé doit réduire au maximum l'impact sur les clos viticoles de qualité, même s'il doit être rallongé". Le Goulainais a terminé sonintervention en expliquant que la liaison Est doit s'accompagner de la réalisation "de projets parfois anciens mais qui deviennent maintenant essentiels". Et de lister : la réalisation de l'échangeur A83 au niveau d'Aigrefeuille et Montbert; la réalisation d'un giratoire sur la RD 117 entre Gorges et Saint-Hilaire ; la poursuite de la route de la vallée maraîchère ; et la desserte de l'entreprise Castel.
"Il y a urgence à reprendre l'étude d'un demi-échangeur", a souligné Jean-Claude Daubisse.

L'autre réserve est
venue d'André Trillard. En l'absence de l'avis du ministère de l'Agriculture sur le dossier, le
 chef de la minorité s'est interrogé sur le choix de la date. "Est on au bon moment ? ", a-t-il lancé.

• Schéma routier revisité


Bernard Deniaud a répondu point par point au conseiller général de l'opposition. En ce qui concerne l'échangeur sur l'A83 à Montbert, l'Etat a demandé à ASF de conduire les études techniques. "Nous attendons le dossier et de savoir qui va payer ? ", a précisé le vice-président. Pour la vallée maraîchère, la poursuite sera soumise à l'enquête publique en 2010.
Quant au pont de Thouaré, une réunion entre Saint-Julien, Thouaré, Mauves et La Chapelle- Basse-Mer est prévue fin novembre. Et pour Castel, les élus de Vallet sont en concertation avec l'Etat. Ces aménagements seront à regarder de plus haut. Le schéma routier va en effet être revisité "très prochainement", a annoncé Bernard Deniaud.

• Accompagnement des élus

Du côté de la majorité, on a fait bloc. Michel Merlet a rappelé que "ce sujet" faisait partie de son "engagement de candidat". Rappelant les contrevérités qui ont parasité le dossier, le conseiller général du canton de Clisson a émis le voeu que dorénavant, les services du conseil
général soient associés dans les comités de réflexion afin "que tous les acteurs entendent les mêmes informations en même temps". Et s'est engagé "à accompagner les viticulteurs".

Même engagement de la part du conseiller général du canton de Vallet. Si René Baron est convaincu que "ce projet est un formidable vecteur de développement, il ne doit pas y avoir de perdant", a-t-il nuancé. "Un tel projet est toujours une plaie dans le paysage. Aussi, les compensations devront être justes et toutes les mesures prises pour que les nuisances soient minimes".

• Les abstentions

En fait, le dossier n'a soulevé que trois objections dans l'assemblée. Françoise Verchère s'est abstenue plus sur la forme que sur le fond.
Gilles Denigot,
s'est dit gêné par "l'obsession" du Département d'aller vers une 2X2 voies, véritable "aspirateur à voitures". "C'est une manière de voir l'aménagement du territoire qui date du passé", a regretté l'élu vert.
Troisième
à s'abstenir : Roger Jamin. Pourquoi ? L'élu s'est dit "solidaire" de ses collègues de Loire- Divatte. L'intercommunalité avait voté en faveur du tracé ouest rapproché. Et du fait des "inconnues par rapport à la profession viticole".

• Opposition de la viticulture


Si le vote en faveur du tracé Est est passé lundi comme une lettre à la poste, reste une étape plus difficile à franchir. Celle de l'avis du ministère de l'Agriculture sur le dossier. Malgré les demandes incessantes du syndicat de défense d'appellation, le conseil général a attendu le vote pour lancer la procédure. "On peut s'étonner que l'assemblée départementale se prononce alors qu'elle n'a pas tous les éléments du dossier", rappelait à l'issue du vote, Frédéric Macé. Après réception de la demande, le ministère a trois mois pour consulter l'INAO et donner un avis. "Si celui-ci est négatif, le conseil général peut passer outre. Mais il faudra qu'il motive ses raisons", ajoutait le directeur du SDAOC.
Pour
Joël Forgeau, la profession va tout faire "pour qu'une telle route ne se fasse pas". "On nous dit toujours que c'est la dernière fois. Qu'on veut limiter la traversée des clos de qualité mais ce n'est pas faisable", tempêtait le président du syndicat de défense de muscadet. "On continue à gaspiller des terres agricoles. Cela représente la surface d'un département
tous les dix ans", rappelle le viticulteur mouzillonnais, confiant dans la position de son ministère.

Bernard Deniaud ne contestera pas Le dossier va désormais se rendre sur la table du ministère de l'Agriculture. LTNAO locale pense avoir "de bonne chance que le dossier soit rejeté". Dans cette hypothèse, le vice-président  Bernard Deniaud a d'ores et déjà indiqué qu'il prendra "acte de la décision". "Au conseil général, on est légaliste. On n'ira pas à l'affrontement
Par Lucien - Publié dans : Presse
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