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Asim : beaucoup de questions, peu de réponses
L'Association de Sauvegarde des Intérêts Mouzillonnais (Asim) et pilier du collectif militant pour une route Clisson-Ancenis, la moins nuisible possible, tenait son Assemblée Générale vendredi dernier. Ses membres ont de nouveau appelé le Conseil Général à la concertation. Côté information, il faudra attendre mars.
Où passera la route Ancenis-Clisson, morceau de l'axe devant relier l'A83 (Nantes-Bordeaux) à l'Ail (Nantes-Angers), en passant par Clisson et Vallet ? La question tient toujours en haleine tout un bassin de population. Celui du vignoble nantais. Lancé véritablement en 2000, mais inscrit depuis 1992 au schéma routier départemental, le projet a peu avancé depuis. Au grand dam du monde économique qui voit le long de ce nouvel axe une vitrine. Au grand dam aussi d'associations défendant la sécurité routière et souhaitant ne plus voir passer plus de 12 000 véhicules par jour dans le bourg de Mouzillon et sur la rocade de Vallet, ainsi que plus de 6 000 dans La Boissière-du-Doré.
Pour l'heure, seul le tronçon entre Clisson et Aigrefeuille est donc définitivement acte. Les travaux devant commencer en 2010 sont bloqués : "On en est à la mise en place des commissions d'aménagement foncier, explique Alain Templier, responsable de l'ADDAV (Association de défense et développement agricole et viticole) et suivant l'évolution du dossier sur Aigrefeuille-sur-Maine. Or, il y a plusieurs freins. D'une part, le fait qu'on ne sache toujours pas dans quelle direction cette future 2X2 voies va prendre après Clisson. D'autre part que s'il est acquis qu'il y aura un échangeur, la société ASF a
jusqu'en 2036 pour le réaliser à moins que d'autres collectivités aident au financement. Enfin, on avait dit aux agriculteurs et viticulteurs qu'ils récupéreraient d'autres terres que celles perdues pour cette route, or il n'y a plus un mètre carré de disponible".
Décision en mars ?
Pour la partie Clisson-Ancenis, les hésitations, les propositions de tracé "et le manque de concertation" ont fait naître une dizaine d'associations "opposées au tracé, du moins devant chez eux". L'extension du périmètre à l'ouest (aux portes de La Chapelle-Heulin) a suscité un nouveau front chez des riverains. "Même s'ils ne savent pas s'ils seront touchés", est venu nuancer le maire Patrick Baleydier. "Pour l'heure, il n'y a toujours que
deux tracés connus (un à l'est et l'autre à l'ouest) et non trois, comme j'ai pu l'entendre. Je
comprends que ces inconnues inquiètent", poursuivait le maire de Mouzillon.
Bernard Deniaud, vice-président du conseil général en charge des routes, absent de la réunion comme le conseiller général du canton, René Baron, avait indiqué "qu'au final, il pourrait avoir 7 ou 8 propositions si mes techniciens le suggèrent Après, on choisira le moins perturbant pour le territoire".
Un conseil général qui réserve sa préférence pour mars. "C'est notre prochain rendez-vous avec eux. On espère que la concertation sera d'actualité. On a de l'espoir", exprimait Lucien Blanchet, président de l'Asim qui rappelait qu'outre les élus et les associations, les organisations professionnelles y seraient présentes.
"On veut désormais qu'il y ait un objectif commun de défini, puis un planning et des réunions comme dans une entreprise. Pour l'heure, il n'y a rien des trois avec le département", confiait Christophe Dronneau.
Une association qui aurait souhaité que cette route passe beaucoup plus sur le Maine-et-Loire, "dès le secteur de Saint-Crespin-sur-Moine". Mais le département voisin a refusé.
Référendum
L'association a également demandé, par l'intermédiaire de Christophe Dronneau, un référendum "sur l'utilité de cette route d'intérêt régional voire national". "Avec quelle question ? Si vous voulez une route près de chez vous ? Ce ne serait pas sérieux", a répondu Patrick Baleydier qui prévenait que maintenant "Il se rendrait sur le terrain avec les habitants et les viticulteurs pour se rendre compte de la pertinence d'un tracé".
La plupart de ces associations se sont regroupées en un collectif "pour pas que l'on nous divise", rappelait Lucien Blanchet. Une solidarité sur laquelle a voulu s'appuyer Denis Martin, président de l'ADVE (Association de défenses des vallées est). "J'espère que quel que soit le trace choisi, il y aura une entraide. Je ne souhaite pas voir notre territoire défiguré par des viaducs et nos vallées saignées par une route", concluait celui qui craint que le tracé est, dans un premier temps retenu, soit maintenu pour le projet. Témoignage d'une assemblée générale qui aura apporté plus de questions et de crainte que de réponses.
FORTIN – L’HEBDO 18/12/08