Partager l'article ! A 83 : L’échangeur avant 2015 ?: Pourtant véritable raison d'être de l'axe Ancenis-Saint-Philbert-de-Grandlieu, le dossier de l'échange ...
Pourtant véritable raison d'être de l'axe Ancenis-Saint-Philbert-de-Grandlieu, le
dossier de l'échangeur à l'A83 est toujours bloqué dans les tiroirs... depuis 1991, date de l'ouverture de l'autoroute Nantes-Niort. Mais un récent courrier d'ASF (Autoroutes du sud de la
France), concessionnaire, adressé au conseiller général, Bernard Deniaud, pourrait relancer le projet dans les deux prochaines années. A condition de
se mettre d'accord financièrement.
2032... C'est l'année marquant la fin de la concession et de l'exploitation de l'autoroute Nantes-Niort. Les Autoroutes du sud de la France ont jusqu'à cette date pour construire un échangeur entre Montbert et Aigrefeuille, au niveau du Landais, comme il est inscrit dans la convention qui lie la société à l'Etat. Un document paraphé... en 1991 lors de l'ouverture de cette portion. Forcément, les ASF, qui s'occupent de 2 633 km de réseau routier dans toute la
France, ne se sont pas pressées de la construire. Ni de la financer. Le vignoble nantais l'est un peu plus. S'étant engagé auprès des départements de Vendée et du Maine et-Loire à s'occuper du tronçon Saint-Philbert de Grandlieu- Ancenis, le Département exige que le dossier accélère.
Près de 20 ans d'attente
D'ailleurs, lors de la dernière assemblée départementale, le conseil général a approuvé le projet (lire L'Hebdo du 26 mars). Après son arrivée aux affaires en 2004, le conseiller général du canton et vice-président chargé des voies de communication, Bernard Deniaud, a voulu démarrer par ce dossier qu'il connaissait bien. Peine perdue. "Pourtant tout est prêt dans ce dossier: il y a dix hectares de terrains réservés; il n'y a même pas besoin d'enquête publique, juste des mesures au regard de la loi sur l'eau ; et l'étude de faisabilité est favorable, rappelle le Montbertain. Cet échangeur est essentiel pour l'axe Saint-Philbert-Ancenis et dans un second temps pour le projet de contournement sud de Clisson. Tout le secteur économique l'attend.
Ce n'est pas pour l'aéroport mais bien dans une conception plus globale des transports européens nord sud". Ce qui bloque : le financement."
Les ASF disent: si vous voulez l’échangeur, il faut nous aider à le payer", ajoute Bernard Deniaud.
L'Etat pousse
Toutefois, depuis 2006 et l'intervention de l'ancien préfet Bernard Boucaud, le dossier
s'est timidement dépoussiéré. Après une visite sur le terrain du représentant de l'Etat et une légère pression sur les ASF, la société a rencontré les élus locaux fin 2007... à Montbert. "L'Etat a poussé les ASF à considérer ce projet", explique Bernard Deniaud. Surprise, en début d'année, le conseiller général a reçu un courrier du concessionnaire indiquant que le projet allait être inscrit au budget de 2011. Ce qui pourrait le faire apparaître rapidement et le rendre utilisable d'ici 2015. Utopique? "Pas forcément. Je reste optimiste.
Les contacts existent. Même si le problème principal n'est pas résolu, à savoir le financement", note le socialiste.
Du côté des ASF, on reste beaucoup plus mesuré. "Nous sommes en phase de négociation avec l'Etat sur ce dossier. Il n'y a pas de calendrier de fixé", fait savoir Denis Laurent, chargé de communication.
Une chose est certaine, la gratuité du péage à cet endroit, annoncé il y a 20 ans, n'est plus d'actualité. Les élus comme la population locale espèrent que ce sera la seule promesse envolée.
Alain Templier: "Il y a urgence"
Pour Alain Templier, président de l'ADDAV (association de défense et développement agricole et viticole), "pas la peine de démarrer la construction de l'axe St-Philbert-Ancenis, ni même la portion Aigrefeuille- Clisson actée en 2007 dont les premiers coups de pelle sont prévus en 2011, s'il n'y a pas d'échangeur". "Ce sera une route sous-utilisée", prévient-il. "Le but étant d'envoyer le trafic, notamment poids lourds, sur l'A 83 pour notre partie, et sur l'A 11 pour le secteur d'Ancenis.
Aujourd'hui, il y a près de 15 000 véhicules par jour qui traverse le bourg d'Aigrefeuille, dont une grande partie de convois exceptionnels qui n'arrivent même pas à se croiser. Le problème est qu'on ne peut pas les obliger à prendre l'autoroute : il n'y a pas d'échangeur. Et comme c'est autorisé pour ceux qui transitent dans le secteur, en venant de Clisson par exemple, on récupère le trafic arrivant de Montaigu qui n'est pas non plus obligé de prendre l'autoroute à Boufféré. On est donc dans une impasse. Il y a urgence."
Présent à la réunion publique de Bernard Deniaud, l'agriculteur a été attentif à l'annonce
d'ASF dans un courrier. "Je ne sais pas si on doit y croire", lâche l'Aigrefeuillais. L'attente de la construction de l'échangeur etde la route qui s'y raccorde crée d'autres problèmes: "cette infrastructure prend 30 hectares de terres aux agriculteurs ; et comme on a beaucoup urbanisé sur la commune, où est ce qu'on va récupérer de la surface agricole". Une association qui redemande une concertation avant la réalisation de la route Clisson-Aigrefeuille et qui souhaite faire bénéficier la population d'un tarif dégressif au péage.
L’Hebdo 09 04 2009